Comtes de BUHAT, seigneurs de la LOZERIE, de la MOTTE, de la HAYE-HUART, du PRE, de DESART, de la HAYE-d'OISY et autres lieux.

Armes des Cambier, comtes de Buhat : de sable, au chevron d'or, accompagnée de trois croissants du même - couronne comtale - supports: deux lions.

Le nom CAMBIER, en latin Cambario, Camberio, Cambio, est celui d'une famille répandue dans le Hainaut et en Flandre depuis une époque très reculée et qui, depuis le moyen âge, n'a pas cessé de jouir de toutes les prérogatives réservées à la noblesse d'ancienne extraction.
Outre l'importante seigneurie de Buhat qui avait le titre de comté et qui a donné à la branche principale le surnom qu'elle porte, cette famille a possédé les terres nobles de la Motte, la Haye-Huart, le Pré, Desart, la Haye-d'Oisy et un grand nombre d'autres fiefs seigneuriaux.

Elle s'est alliée aux maisons les plus distinguées des Pays-Bas et de nos provinces du Nord, entre autres à celles de Ghoy, de le Roy de Ville, Evrard, de Préseau, d'Oisy, d'Elbecque, de Fannius, Uhrich de Reyerchuiler.

Le plus ancien personnage de cette maison qui soit connu d'une manière certaine, par les documents historiques, est Hue ou Hugues CAMBIER, chevalier du Hainaut, qui assista, avec plusieurs autres gentilshommes, en l'année 1283, à une donation faite à l'hôpital des Béguines de Lille.
En 1338, Pierre CAMBIER, un des fils de Hugues, était chanoine de Soignies en Hainaut.
En 1391, Thomas CAMBIER, écuyer, issu d'un des enfants de Hugues, assiste, avec les principaux nobles du comté de Hainaut, entre autres avec les seigneurs d'Enghien, de Trazegnies, de Ligne, de la Hamaide, de Lens, de Gavre, de Hennin, de Montigny de Wargny à la charte de confirmation et d'interprétation des anciennes lois du Hainaut données originairement en l'année 1200 (voy. Saint-Genois, Monuments anciens, tome I, p. 112).

armes des Cambier, seigneurs de La Lozerie et du Pré

Dès le siècle suivant on trouve la famille de CAMBIER divisée en plusieurs branches dont une établie à Tournay, a possédé les seigneuries du Pré et de la Lozerie. N'ayant point à nous occuper ici de la filiation de cette branche, nous nous bornerons à dire qu'elle paraît avoir eu pour auteur Pierre CAMBIER, écuyer, qui vint se fixer à Tournay en 1473, et fut seigneur du Pré-à-Cordes, fief dépendant de la pairie de Rebaix. A cette branche appartenaient Jean CAMBIER, écuyer, seigneur de la Lozerie, qui fit hommage pour cette terre en l'année 1502 ; François CAMBIER, écuyer, seigneur de la Lozerie, fils du précédent, qui rendit aveu pour la même terre en 1565. cette branche, qui portait d'azur, à un chevron d'or, accompagné en chef de deux roses du même, et en pointe d'une étoile à six rais aussi d'or, était représentée au commencement du XVIIIe siècle par Michel-Dominique CAMBIER, écuyer, conseiller du Roi, trésorier général héréditaire des états de la ville de Tournay et du Tournésis, décédé le 11 février 1737 et inhumé dans l'église de la Madeleine de ladite ville sous une tombe ornée de ses armoiries.

Quant à la branche principale dont la descendance s'est continuée jusqu'à nos jours dans le Hainaut, d'abord à Mons et à Silly, puis à valenciennes, elle a pour auteur :

Wautier CAMBIER, écuyer, qui vivait en 1434, et était fils aîné de Thomas Cambier, que nous avons vue plus haut assister en 1391, avec les principaux gentilshommes du Hainaut, à la confirmation des anciennes lois de ce pays.

Adrien CAMBIER, écuyer, fils de Wautier, est cité dans un titre de 1473, comme possédant au comté du Hainaut divers bien seigneuriaux.

Christophe CAMBIER, écuyer, fils d'Adrien, résidait en 1535 à Silly, chef-lieu d'une des pairies de ce comté. Il épousa demoiselle Marguerite de GHOY, d'une maison noble et ancienne du pays. Ayant vendu à Antoine de Ghoy, son beau-frère, par contrat du 22 août 1544, tous les fiefs nobles qu'il possédait à Silly, il revint à Mons où son père et son aïeul avaient résidé. Il laissa de son mariage :
1° Nicolas, qui suit ;
2° Martin CAMBIER, écuyer, qui acquit plusieurs bien seigneuriaux à Silly, par un acte de 1555, et fut père de
Jacques CAMBIER, écuyer, marié, le 30 mai 1595, à demoiselle Adrienne EVRART ;

Nicolas CAMBIER, écuyer, seigneur de la Motte et de la Haye-Huart, et échevin de Mons, décédé au mois de mai 1627, laissa quatre fils, à savoir :
1° Jean, qui suit ;
2° Henri CAMBIER, écuyer, seigneur de la Haye-Huart, qui ayant embrassé l'état ecclésiastique, devint chanoine de Cambray, et mourut avant 1648, laissant pour héritier son frère Jean ;
3° Philippe CAMBIER, écuyer, receveur du clergé de la province de Hainaut ;
4° François CAMBIER, chanoine à Ath, nommé dans un titre de l'an 1629.

Jean CAMBIER, écuyer, seigneur de la Motte et de la Haye-Huart, était échevin de la ville de Mons, lorsque, par acte passé le 16 août 1648 devant le bailli de la ville de Chièvres, il rendit hommage à haute et puissante damoiselle Marie-Ferdinande de Croy, marquise de Renty, dame de Chièvres, pour raison du fief ample de la Haye-Huart, tenu des ville, terre et pairie dudit Chièvres et auquel il avait succédé par le trépas de Henri CAMBIER, son frère, écuyer, chanoine de Cambray. Jean CAMBIER avait épousé par contrat du 9 août 1641, damoiselle Marie d'ELBECQUE, fille de noble Adrien d'Elbecque et de dame Barbe de Waudré.

De ce mariage sont issus plusieurs fils et une fille nommée Marie-Madeleine CAMBIER, née à Mons le 3 avril 1646, mariée par contrat du 13 mars 1665 à Jean-François LE ROY, écuyer, fils de Jean-François Le Roy, écuyer, et de dame Catherine de Fannius, laquelle était fille de Messire Jean de Fannius, chevalier, conseiller du conseil privé et de la suprême amirauté des Pays-Bas. Des lettres-patentes du Roy d'Espagne Charles II, datées de Madrid le 23 février 1669, conférèrent à Jean-François Le Roy, époux de Marie-Madeleine CAMBIER, le titre de chevalier, motivant cette décision sur ses services militaires et sur les alliances de sa famille avec les plus nobles maisons du comté de Hainaut, entre lesquelles est nommée comme ancienne et considérable, celle de CAMBIER . Du mariage de Marie-Madeleine CAMBIER et de Jean-François Le Roy est issu Jean-Marc Le Roy de Ville, chevalier, père de François-Jean-Marc-Antoine-Louis Le Roy de Ville, lequel fut père d'Alexandre-Joseph, Adolphe Le Roy de Ville, admis sur preuves de noblesse paternelle et maternelle dans les pages du Roi, puis dans l'ordre de Malte.

Les descendants mâles de Jean CAMBIER s'établirent à Valenciennes, où ils étaient représentés au commencement du siècle dernier par :

Philippe-Noël-Joseph CAMBIER, chevalier, seigneur du comté de Buhat, de Desart, de la Haye-d'Oisy, et autres lieux, conseiller du Roi, mayeur héréditaire des ville et comté de Valenciennes. Le comté de Buhat est situé à Beaudignies (à Le Quesnoy) et fut achété par son père, Paul-Armand CAMBIER, juge de juridiction consulaire de Valenciennes vers 1723-1724, échevin de Valenciennes, à G.A. d'ANNEUX, marquis de Wargnies, au prix de 105.920 livres, soit 1.700.000 Euro. Il épousa damoiselle Marie-Anne-Ursule-Josephe de PRESEAU d'OISY, dame d'Oisy-en-Wahen, et laissa de ce mariage :

Pierre-Amand-Joseph-Guislain CAMBIER de BUHAT, comte de Buhat, ainsi qualifié dans les actes et lois du siècle dernier, seigneur de Desart, de la Haye-d'Oisy et autres, receveur général des finances du département du Hainaut, mayeur de Valenciennes, repris en 1761 sur la liste des négociants textile à Valenciennes, contracte en 1769 un accord commercial à Amsterdam pour une imprimerie sur cotton, fait faillite la même année et meurt dans une traversée de France en Amérique. Il épousa demoiselle Marie-Françoise-Placide ROBILLARD, fille de Joseph-François Robillard, écuyer, conseiller du Roi, contrôleur ordinaire des guerres et de la compagnie des chevau-légers de la garde du Roi. De ce mariage sont issus :

1° Richard-François-Joseph CAMBIER de BUHAT, né à Valenciennes, le 12 janvier 1762, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, décédé à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, au commencement de la révolution ;

2° Philippe-Noël-Albert, dont l'article suit :

3° Louis-Pierre-Armand-Guislain CAMBIER de Buhat, capitaine du corps impérial du Génie. Ensemble avec son frère, Philippe-Noël-Albert, leur grand-mère Marie-Albertine-Josèphe MORILLON veuve ROBILLARD, et leur cousin germain Jacques-François ROBILLARD, ils vendent le château de Villeblain à Chacrisse à Valentin GIVRY, homme de confiance de leur grand-mère ;

Philippe-Noël-Albert CAMBIER de BUHAT, comte de Buhat, né à Valenciennes le 27 septembre 1765, entra le 20 mai 1781, en qualité de cadet gentilhomme, dans le régiment de Bourbon, infanterie, et fut successivement nommé sous-lieutenant le 2 juin 1782, puis lieutenant le 4 août 1784. Il passa ensuite avec ce dernier grade, le 24 septembre de la même année, dans le régiment des chasseurs des Cévennes, commandé par le vicomte de Toulongeon son cousin. Il y était capitaine depuis le 5 novembre 1791, lorsque les événements de la révolution le déterminèrent à donner sa démission. Il est présent à titre personnel et en représentant ses cousins, les DESFONTAINES CAMBIER, en qualité de comte de Buhat lors de l'Assemblée Générale des trois ordres du baillage du Quesnoy le 15 avril 1789. Les DESFONTAINES CAMBIER sont les descendants de Pierre-Louis CAMBIER, seigneur de La Motte, conseiller au Parlement de Flandre en 1748, secrétaire du Roi  et frère de Philippe-Noël-Joseph. Il a épousé à Bitche, le 3 décembre 1788, demoiselle Marie-Claudine-Catherine UHRICH de REYERCHUILER, et a laissé de ce mariage un fils unique :

François-Maurice-Amand CAMBIER de BUHAT, comte de Buhat, chef actuel de nom et d'armes de sa famille. Né à Soissons le 25 décembre 1800, il entra le 4 novembre 1814 dans les gardes du corps du Roi, compagnie de Noailles, et il y a servi jusqu'en 1823. Marié le 18 octobre de la même année à demoiselle Georgette-Nathalie DESVIGNES, décédée à Nantes en 1888, sans descendance.